Pain Syndicat.

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Un syndicat voulu par Napoléon 1er

Le décret des 2 et 17 mars 1791 de l’Assemblée Constituante a supprimé les corporations et permettait à toute personne d’exercer une profession à sa convenance, moyennant le paiement d’une patente. Cette liberté inconnue de la boulangerie ne fut pas de longue durée, car le pain ayant atteint le prix de 0,45 F le kg, Bonaparte estima que l’ouvrier dont le salaire ne dépassait pas 2 F par jour, ne pouvait payer le pain un prix aussi élevé. En conséquence, c’est l’arrêté des Consuls du 19 Vendémiaire AN X (11 octobre 1801) qui réorganisa sur de nouvelles bases, la boulangerie de Paris. A partir de ce moment, il y eut «obligation» pour les boulangers de former un syndicat composé de membres nommés sous le contrôle de l’Administration.

Le Syndicat de la Boulangerie de Paris fut d’abord administré par quatre boulangers nommés syndics. Ils étaient choisis en présence du Préfet de Police ou de son Délégué par 12 maîtres boulangers déjà anciens dans la profession qui prirent le nom d’électeurs.

Dans le principe, en 1801 et les années qui suivirent, le prix du pain fut fixé par les boulangers en raison du prix des farines et l’autorité n’intervint que pour autoriser la hausse quand les circonstances l’exigeaient.

A cette époque, le siège du Syndicat se trouvait rue Neuve Saint-Laurent (de l’autre côté du Pont-Marie). En 1824, le bureau des Syndics fut transféré rue des Prêtres St-Paul (actuellement rue Charlemagne).

Trop à l’étroit dans leur ancienne demeure, les boulangers vinrent habiter en 1827 rue Neuve Saint-Paul (actuellement rue St Paul). Dans ce même local fut établie, pour la première fois, la Boulangerie Commune, Société Filiale du Syndicat de la Boulangerie, créée suivant décision des boulangers du 4 août 1826 et homologuée par décision du Préfet de Police le 29 du même mois. Cette Société avait pour but de mettre son unique four à la disposition de ses adhérents, lorsque ceux-ci pour une raison quelconque ne pouvait cuire chez eux.

La situation du syndicat devenant de plus en plus florissante, on fut amené à envisager son transfert, ainsi que celui de la Boulangerie Commune, dans un local plus vaste. C’est alors qu’un des 4 Syndics nommé Tixier, se rendit acquéreur le 21 octobre 1843, du 7, Quai d’Anjou et consentit au Syndicat un bail de 50 ans.

Lorsque par la loi du 22 juin 1863 le commerce de la Boulangerie fut rendu libre, le Syndicat n’ayant plus sa raison d’exister tel qu’il était, fut dissout et le propriétaire qui succéda à Tixier estimant que le Syndicat n’offrait plus les mêmes garanties qu’auparavant puisque la tutelle administrative disparaissait, intenta à son locataire un procès en résiliation de bail qu’il perdit en première instance et qu’il porta ensuite devant la cour d’appel. Une transaction intervint par laquelle le bail était repris par la Société civile d’exploitation de la boulangerie commune de Paris qui venait de se constituer et une promesse de vente fut faite en faveur de cette dernière moyennant le prix de 145 000 francs. Elle fut réalisée le 31 décembre 1881.

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Dès son installation Quai d’Anjou, le Syndicat entrepris d’importants aménagements furent faits pour transformer les locaux et les rendre utiles au service du Syndicat et de la Boulangerie Commune C’est en 1845, que les 4 premiers fours furent construits sur l’autorisation du Préfet de Police.

Il ne fallut pas moins de 62 ans d’efforts des syndics pour faire prévaloir les droits de la Boulangerie. C’est en 1863 seulement que, les liens qui garrottaient la corporation furent en partie brisés. Par son décret du 22 juin 1863, le gouvernement modifia de font en comble le régime de Commerce du Pain en France et inaugura la Liberté de la Boulangerie. Faculté pour chacun de fabriquer, de transporter ses produits où, quand et comme il lui plaît. Par suite, les Statuts du Syndicat, qui dataient de 1801, devenaient caducs. L’ancienne organisation céda la place à une nouvelle association syndicale établie sur une base beaucoup plus large, qui prit la dénomination de «Société Civile pour l’exploitation de la Boulangerie Commune de la Ville de Paris» Entre temps, une association similaire fut fondée, à l’Union Syndicale du Commerce et de l’industrie, sous le titre de «Chambre Syndicale de la Boulangerie de Paris».

Après avoir suivi une marche parallèle, les deux associations fusionnèrent le 31 décembre 1885. De cette union est né le Syndicat de la Boulangerie de Paris dont les statuts ont été dressés en complète harmonie avec la Loi Française de 1884, sur les Syndicats Professionnels.

Le Syndicat de la Boulangerie de Paris a pour objet de veiller aux intérêts économiques, industriels et commerciaux de la Boulangerie Parisienne.  Le Syndicat était accessible à tout patron boulanger à condition qu’il exerça à Paris la profession de boulanger et qu’il fit acte d’adhésion aux statuts.

102En 1884, la corporation d’artisans et de commerçants nombreux mais modestes, la Boulangerie est restée jusqu’en 1884 sans aucun lien entre les différents groupements locaux des villes, des chefs-lieux de cantons, chacun agissant pour son propre compte.

A cette époque, le poids des réglementations est particulièrement lourd. Exercée par les maires avec des applications diverses et pesantes, la taxation du pain sévit presque partout. Le malaise de la profession se faisant de plus en plus nettement sentir, quelques boulangers de province actifs et énergiques conçoivent le projet de provoquer une réunion générale à PARIS.

Il faut recenser les groupements existants, établir des relations suivies, apprendre à se connaître. L’initiative de l’établissement de ces contacts est prise par le Syndicat de la Boulangerie de PARIS, puissant et fortement implanté.

C’est ainsi que se tient du 24 au 28 juin 1884, le premier Congrès National de la Boulangerie. Il réunit plusieurs centaines de participants venus de toute la France.

Les années suivantes, de nouvelles rencontres se déroulent à l’hôtel des chambres syndicales.

Situé dans la capitale, rue de Lancry, cet hôtel devient le berceau des revendications corporatives.

Le but poursuivi par les boulangers consiste à unir les structures syndicales locales existantes afin de provoquer un vaste mouvement pour parvenir à abroger la taxation du pain.

En 1885, M. Yves GUYOT, député de la Seine, présente à la Chambre des députés, des pétitions de boulangers couvertes de 20 000 signatures. En 1886, il dépose une demande d’abrogation de la taxe ; mais celle-ci, ni les nouvelles propositions déposées par la suite, ne parviendront devant le Parlement.

En 1889, se tient au Palais du Trocadéro et sous la présidence de M. CORNET – Président du Syndicat de la Boulangerie de PARIS – le deuxième Congrès National de la Boulangerie. Les statuts d’un Syndicat Général de la Boulangerie Française y sont adoptés.

Le Président CORNET devient le Président de ce Syndicat Général dont le siège social est provisoirement situé au 7, quai d’Anjou, dans un hôtel particulier de 1642, situé dans l’Ile Saint-Louis.

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Le siège du Syndicat Général quai d’Anjou, à Paris

Le troisième Congrès National de la Boulangerie a lieu rue de Lancry en 1894. On y examine la situation résultant du fonctionnement des recours aux préfets dans le domaine de la taxation municipale avec possibilité pour les boulangers de fabriquer parallèlement un pain non taxé.

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Lors de cette même assemblée  » LE BOULANGER FRANÇAIS « , premier organe corporatif est créé malgré les obstacles qu’il rencontrera par la suite. Il établira un premier lien d’information professionnelle entre les départements.

Les présidents de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie  de 1884 à nos jours:

1889 – 1903 : Président CORNET
1903 – 1905 : Président LEFORT
1905 – 1914 : Président MIENCE
1914 – 1928 : Président HEROUIN
1928 – 1946 : Président PERIER
1946 – 1955 : Président LASSERRE
1955 – 1971 : Président GRINGOIRE
1971 – 1982 : Président COMBE
1982 – 1982 : Président BERANGER
1982 – 1995 : Président PAQUET
1995 – 1998 : Président CABUT
1998 – 2017 : Président CROUZET
Depuis 2017 : Président ANRACT

Commentaires concernant : "Pain Syndicat." (3)

  1. savoye a écrit:

    Frédéric Le Play (1806-1882), conseiller d’Etat, a joué un grand rôle dans la libéralisation de la boulangerie parisienne et le décret de 1863.

    Savez-vous s’il existe dans les archives du Syndicat des traces de son action et, notamment, de ses relations avec un syndic nommé Doisneau ?

    Par avance, merci de votre réponse

  2. FLEURY a écrit:

    Bonjour,
    Je fais des recherches sur mon grand-père monsieur Georges FLEURY qui était président du syndicat des boulangers de Saint-Germain-en-Laye (78) et des environs dans les années 1950/1960. Il me semble qu’il avait aussi un bureau à Versailles.
    Avez vous dans vos archives des documents le concernant ?
    Tout ce que vous pourriez retrouver à son sujet m’intéresse beaucoup.
    C’était un brave homme qui a beaucoup donné pour le syndicat.
    Vous remerciant par avance de votre réponse.
    Bien cordialement

  3. Lhéritier Jakez a écrit:

    J’ai un « sou » valeur:1/4 décime,de forme octogonale ,de 22 mm d’ épaisseur 0,5 mm,en acier,
    avec en circonférence l’inscription:

    -valable chez tous les boulangers de St Nazaire-

    et sur l’autre face:

    CHAMBRE
    SYNDICALE
    DES
    PATRONS
    BOULANGERS
    St NAZAIRE

    Qui peut m’aider à dater cette pièce?

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