Le siege de Paris 1870

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Avec la capitulation de Napoléon III à Sedan, les armées prussiennes et leurs alliés déferlent sur le Nord de la France.

Le 19 septembre 1870, les forces prussiennes encerclent Paris. Plutôt que de forcer la ville à la reddition à coups de bombardements, le haut commandement allemand décida alors un blocus de la ville pour amener une capitulation rapide.

Coupée du reste du pays, la capitale subit rapidement la rigueur exceptionnelle d’un hiver (pointes a -12°c en décembre) que les bombardements allemands aggravent dès janvier 1871.
Le rationnement des denrées est organisé avec retard, les queues s’allongent devant les commerces de bouche littéralement pris d’assaut. Les prix de la viande, des conserves, du pain et des denrées alimentaires flambent. Les boulangers vendent un pain noir de composition inconnue.

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Carte de rationnement.

La bourgeoisie commence à abattre des chevaux, que les pauvres avaient été jusque là les seuls à consommer. On mange même du chat, du chien, des rats. Dans les restaurants de luxe, on sert de l’antilope, du chameau, de l’éléphant (les animaux du Jardin des plantes sont sacrifiés). Un interne des Hôpitaux de Paris écrit le 25 décembre 1870: « J’ai mangé de tout, cheval, mulet, chat, chien, rat et j’ai trouvé le tout très bon. Je me promets (…) de vous faire manger des salmis de rats d’eau excellents… »

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Fin décembre, c’est le tour de Castor et Pollux, les deux éléphants du Jardin des Plantes, d’être abattus et les bouchers vendent de la trompe d’éléphant de premier choix à 40 francs la livre.

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Un « consommé d’éléphant » figure au menu du 25 décembre du restaurant Voisin. Castor et Pollux avaient été achetés par un M. Deboos, de la « Boucherie Anglaise » sise boulevard Haussmann, pour le prix de gros de 27 000 francs. M. Deboos fit une belle affaire car la viande des trompes se vendit entre 40 ou 45 francs la livre comme un morceau de choix, tandis que les autres parties éléphantines partaient pour environ 10 à 14 francs la livre.

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Menu du 25 décembre 1870
Café Voisin, 261 rue Saint-Honoré

Les habitants sont privés de bois et charbon, et sans gaz, les rues sont plongées dans l’obscurité dès la tombée de la nuit. Ces privations affectent surtout les classes populaires, déjà réduites à la misère par l’arrêt des activités économiques. Le taux de mortalité double en quelques mois (notamment suite aux affections pulmonaires dues au froid et à la malnutrition), mais il n’y aura pas de véritables épidémies ; les cas de choléra resteront rares.

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Oeuvre de Clément Auguste Andrieux.

Le 28 janvier, Paris capitule. Les armées allemandes obtiennent de Thiers une occupation symbolique des Champs-Élysées du 1er au 3 mars. L’Assemblée nationale s’installe à Versailles pour éviter la pression de la garde mobile parisienne en état de quasi-insurrection. Enfin, la journée du 18 mars entraîne l’instauration de la Commune de Paris et le second siège mené par les armées régulières contre les insurgés, mais la commence une autre histoire…

Lors de cette guerre de 1870, nous avons à ce jour recense le décès de trois compagnons boulangers :

Paul LERICHE, Tourangeau la Gloire du Devoir (né à Château la Valliere, reçu à Angers a la Toussaint 1866 décédé aux armées lors du siège de Paris

Pierre MENNE, Forezien l’Aimable, né en 1848 à Suvie (Loire) reçu à Orléans à l’Assomption 1868, décédé aux armées.

Henri CHADON, Vivarais le Bien Courageux, né à Peaugres en 1845, reçu à Tours à la Saint Honoré 1869, décédé aux armées.

Il semblerai que le terme baragouiner serait ne lors de cette guerre. Les principales revendications des soldats bretons lors de cette guerre étant du bara, (pain) et du gwin (vin), baragouine, mais ces noms non compris par les officiers français, seraient devenus synonymes de « s’exprimer de façon incompréhensible » baragouiner !

Après la fin de la Commune, nous allons voir apparaitre de curieux souvenir du siège de Paris et de la Commune, intitule « Souvenir Historique ».
Ce sont des petits tableaux imprimés où l’on découvre les prix des denrées alimentaires, les poids des rations, les batailles de 1870, des immortelles y sont collées, mais chose bien plus intéressante pour ce qui nous concerne, des morceaux du pain confectionnent par les boulangers pendant le siège (surement des reproductions), accompagné de la légende « 300 grammes de ce pain après cinq heures d’attente par 12 degrés de froid »! Alors que la consommation moyenne journalière à cette époque est de 800 a 900 g par jour.

Un de ces souvenirs historique du siège de Paris fut présenté par René EDELINE, Tourangeau la Franchise, Compagnon boulanger du Devoir, lors de l’Exposition nationale des Compagnons boulangers pâtissiers du Devoir intitulée « Savoir Vivre » qui eut lieu au siège de l’AOCDD, 1 place Saint-Gervais à Paris, en 1991.

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Laurent Bourcier, Picard la Fidélité C.P.R.F.A.D.

 

Commentaires concernant : "Le siege de Paris 1870" (2)

  1. BELLAMY ANDRE a écrit:

    Bonjour,

    Je possède un exemplaire de ce SOUVENIR HISTORIQUE – SIEGE DE PARIS monté sur un petit cadre en bois.

    Cela à il une valeur financière?

    Avec mes remerciements

    Cordialement

    André BELLAMY

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