Boulangerie militaire mobile francaise Fouga 1938

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352 ème section autonome de boulangerie tractée FOUGA modèle 1938.

A la veille de la Deuxième Guerre Mondiale, en 1938 dans la « boulangerie de campagne » de nouveaux matériels sont conçus. Fabriqués par la société FOUGA de Béziers, ils sont mis en service au début 1940. A l’Armistice l’armée Allemande réutilise à son profit les quelques exemplaires en état. Mais la construction continue et les unités sont camouflées dans les Chantiers de Jeunesse.

Ces Chantiers de la jeunesse française (CJF), furent créés le 30 juillet 1940, comme une sorte de substitut au service militaire qui avait ete supprime le 22 juin 1940 .

[]Les jeunes hommes de la zone libre et de l’Afrique du Nord française en âge (20 ans) d’accomplir leurs obligations militaires y étaient incorporés pour un stage de six mois. Ils vivaient en camps près de la nature, à la manière du scoutisme, et accomplissaient des travaux d’intérêt général, notamment forestiers, dans une ambiance militaire. Ils étaient encadrés par des officiers d’active et de réserve démobilisés, ainsi que par des aspirants formés pendant la guerre de 1939-1940. À partir de 1941, l’obligation des chantiers de jeunesse est étendue à tous les Français de zone libre devant accomplir leurs obligations militaires pour 8 mois. Cette organisation fut dissoute en 1944.

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Utilisation des fours FOUGA dans un Chantier de jeunesse situe a Villard de Lans (Vercors)

Pour les unités de boulangerie type FOUGA mise en service en Afrique du Nord, elles servent dans la campagne d’Italie au sein de la Section Autonome de Boulangerie Tractée n° 352 (SABT 352) puis dans la campagne de France comme unité de réserve générale de la 1ère Armée. Deux unités de FOUGA sont présentes au défilé de la victoire à Paris le 18 juin 1945. Ces matériels sont retirés du service progressivement pendant les années 60 avec la mise en place des nouveaux matériels SUJOL.

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Au sein de la Compagnie de Fabrication de Pain (CFP) unité de réserve générale, l’unité élémentaire tactique est la Section de Fabrication de Pain (SFP).

Trois Sections de Fabrication de Pain avec une section de commandement composent la Compagnie de fabrication de pain.

Chaque SFP peut être utilisée séparément.

Les inconvénients qui ont fait abandonner ces matériels sont : le poids des remorques qui nécessite un tracteur puissant avec une vitesse de déplacement lent, un rayon de braquage limité et une installation impossible sur un terrain sommaire.

Composition d’une Section de Fabrication de Pain

Personnels :

1 officier, 4 sous officiers, 36 hommes divisés en 3 équipes de boulangers et une équipe de chauffeurs.

Matériels :

1 remorque fournil FOUGA + camion

2 remorques fours FOUGA + camion

1 remorque citerne eau 1500litres + camion

2 camions avec remorque pour le transport des personnels et du matériel.

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Fours FOUGA dans un Chantier de jeunesse a Saint Laurent du Pont (Isère)

Remorque four FOUGA modèle 38

Châssis surbaissé à braquage limité

Poids 6,9 tonnes – longueur 6,5 m – largeur 2,3 m – hauteur 2,5 m – garde au sol 0, 395 m – rayon de virage 7 m.

Le four : caisson double à paroi métallique avec un calorifugeage en laine de roche (épaisseur 8 cm) est à double soles. Le foyer vertical permet le chauffage des chambres de cuissons par l’intermédiaire de tubes à vapeur. Le chauffage à l’origine est au bois ou au charbon   puis au mazout ou à l’essence qui ne donna pas entière satisfaction.

Les deux chambres de cuisson (2,90m x 1,45m) sont superposées. La transmission de la chaleur aux chambres de cuisson est assurée par 4 nappes de 18 tubes encadrant les 2 chambres de cuisson.

Le système de production d’eau chaude :

2 réservoirs à eau froide de 125 litres et 1 réservoir à eau chaude de 170 litres peuvent se relier entre eux. Le réservoir d’eau chaude communique avec le système d’alimentation des appareils à buée.

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(Archives ECPAD)

Mise en place sous une tente baraque type 1904 côté pignon.

Capacité de production par fournée :

50 pains boules de 1kg, ou 35 pains couronne de 1kg, ou 85 pains parallélépipédiques de 500g

Production maximale :

Pour deux fours – 110 x 2 = 220 kg. Pour 24 heures : 220 x 18 fournées =3960 kg soit 7920 rations.

Mise en température 4 h 30 à 5 heures. Température de cuisson 250°.

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Chantier de jeunesse à Agen, la tente “Ecole de Boulangerie”

Remorque fournil FOUGA modèle 38

Comme la remorque four elle est à châssis surbaissé et à braquage limité.

Elle contient tous les accessoires nécessaires pour le pétrissage, la fermentation et le façonnage des pâtes à l’origine.

Poids 4,7 tonnes – longueur 7 m – largeur 2,30 m – hauteur 2,65 m – rayon de virage 6,5 m.

La cabine :

Partie avant – pétrin à cuve basculante 420 litres permet le pétrissage de 310 kg de pâte entre 25 et 30 minutes.

Partie arrière – aménagée en salle de travail et de fermentation des pâtes

Caractéristique d’emploi

Mise en place sous une tente baraque 1904 à 4 mètres environ des fours, la glissière à pannetons en position.

Raccordement électrique 12 / 24V

Fonctionnement du pétrin par moteur Bernard ou moteur électrique.

Source : www.afcvm.com

Laurent Bourcier, Picard la Fidélité, C.P.R.F.A.D.

 

 

Commentaires concernant : "Boulangerie militaire mobile francaise Fouga 1938" (3)

  1. Bonsoir

    Bravo pour cet article qui met en valeur ces boulangeries FOUGA dont on parle trop peu.
    Je n’avais pas de photos des FOUGA sur les chantiers de jeunesse. je vous les emprunte pour les ajouter à notre rubrique sur la FOUGA.
    J’ai si vous voulez une copie du manuel d’utilisation. Je crois qu’il y a une version PDF récupérable sur notre site.
    Bon courage
    Cordialement
    Michel ARGENCE, Président AFCVM

    • Laurent Bourcier a écrit:

      Monsieur ARGENCE bonjour,

      Dans un premier temps, merci pour vos mots d’encouragement :-).

      Heureux que le cliche des FOUGA dans les chantiers de jeunesse, puisse vous etre utile.

      Pour information, nous avons l’un de nos membres, compagnon patissier , president du groupe de reconstitution/souvenir GCM 44, Monsieur Cedric Cebillon.
      http://allingroups.com/fr/seconde-guerre-mondiale-gcm-44/

      Peut etre le connaissez vous?..

      Il me vient egalement une idee, nous pourrions peut etre publier un article de votre plume ou de celle d’un membre de votre association (agremente de photographies de son materiel de panification) sur la restauration de la FOUGA que vous avez depose au musee de Bourges.

      Cela serait genial pour nos lecteurs! Quand pensez-vous?..

      Dans l’espoir de vous lire a ce sujet.

      Respectueusement.

      Laurent Bourcier

      • Laurent Bourcier a écrit:

        Bonjour Monsieur BOURCIER,

        Merci de votre message sympathique. je ne connais pas Monsieur Cedric CEBILLON et son association GCM 44, dans quelle région sont ils ?

        J’accepte votre proposition de faire un article sur la restauration de la FOUGA avec des photos. Je ne vous garantis pas le délai, car je suis très occupé en ce moment, mais courant septembre, cela devrait pouvoir le faire.

        Cordialement

        Michel Argence

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